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Publié le par Jocelyn
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  Second roman mettant en scène Hercule Poirot, Le crime du golf reprend le duo Poirot/Hastings, mais laisse de côté l'inspecteur Japp pour laisser place à un policier français hautement antipathique, Giraud, En quelque sorte, Christie tente de démarquer son personnage de Sherlock Holmes/Giraud. Poirot, lui ne se met pas à quatre pattes pour trouver une empreinte ou des cendres de cigarettes. « Le véritable travail s’accomplit à l’intérieur. Les petites cellules grises ».

 

  Ce roman apparait plus alambiqué que La mystérieuse affaire de Styles, mais lui permet de retrouver le roman à enigme qui l'avait fait connaitre. Néanmoins, par certains aspects, je lui préfère la version télé avec David Suchet. La série a pas mal modifié l'intrigue la rendant finalement plus lisible et plus amusante, quoique imparfaite. Néanmoins, la série met de ce fait beaucoup moins en valeur la jolie histoire d'amour que va vivre Hastings.

 

 

Paul Renaud écrit à Poirot. Il dit détenir un secret qui lui fait craindre pour sa vie.  Mais lorsque Hercule Poirot arrive à Merlinville-sur-mer (France), il est déjà trop tard : Paul Renaud est retrouvé poignardé sur un terrain de golf à proximité de sa demeure, tandis que sa femme a été ligotée dans sa chambre par deux hommes non identifiables d'origine sud-américaine..

Ce qui va suivre dévoile une bonne partie de l’intrigue. Vu le nombre de rebondissement, une bonne partie du livre est donc évoqué pour la bonne compréhension des enjeux.

 

LES FAITS :

 

  Depuis l'arrivée de Mme Renaud dans la villa de campagne, M. et Mme Renauld avaient bien changé et avaient l'air soucieux. Une quinzaine de jours avant l'arrivée de Poirot, M. Renauld rédige un nouveau testament, léguant presque tout à sa femme et excluant de fait son fils.  Et la lettre à Poirot ne fait que confirmer que M. Renauld était préoccupé.

 

  La veille du meurtre, M. Renauld a reçu jusque 22h30 une femme dont il prit congé ("Oui, oui, mais pour l'amour du ciel, partez à présent !") avant d'aller se coucher. Le fils était absent, il devait être normalement en route vers Santiago. Et le chauffeur était en congé. Il ne restait donc dans la villa que les époux et le personnel de service.

 

  Vers 2 heures du matin, Mme Renauld témoigne qu'elle et son mari ont été agressés par deux Sud-américains. Le mari a été forcé à sortir dehors puis a été tué sur le terrain de golf en construction avec le coupe-papier que le fils avait offert à Mme Renauld. Une fosse a été creusée avec la pelle de M. Renauld. M. Renauld, sous son pardessus visiblement trop grand pour lui, était en sous-vêtements. Dans la poche du par-dessus, une lettre d'amour chiffonée écrite par une certaine Bella qui se plaind du silence de son amoureux.

 

Durant l'enquète, alors qu'Hastings voulait montrer le corps de la victime à une charmante demoiselle qui se fait appeller Cendrillon, le coupe-papier fait l'objet d'un vol.

 

  Un nouveau cadavre est par la suite découvert dans une cabane à proximité. Et l'on retrouve ce poignard, qui venait d'être dérobé, planté dans ce nouveau cadavre. Pourtant l'homme semble être mort avant que le meurtre de M. Renauld ne soit commis. Sa mort parait être naturelle, ou en tout cas non causée par le poignard. Par ailleurs, bien que condition visiblement modeste, il porte des vêtements de luxe. 

 

INDICES DECOUVERTS PAR POIROT :


Dans la chambre de M. et Mme Renauld : une montre brisée par les agresseurs mais toujours en état de fonctionnement. Curieusement cette montre retarde de 2 heures.

 

Près de la fosse où l'on à retrouvé M. Renauld : un bout de tuyau en plomb de 60 centimètres.

 

Près des fenêtres de la villa, deux massifs de géraniums fraichement replantés. L'un comporte les empreintes de pas du jardinier, pas l'autre.

 

Dans le bureau où M. Renauld a reçu une mystérieuse femme, un long cheveu noir ainsi que le fragment d'un chèque signé par M. renauld à l'ordre d'une certaine Duveen.

 

Par ailleurs, cette affaire rappelle à Poirot une ancienne affaire étrangement similaire datant d'une vingtaine d'années. Une Madame Beroldy avait été ligotée par terre pendant que son mari gisait poignardé dans son lit. Mais les liens n'étant pas assez serrés, Madame Beroldy avait été accusée de meurtre jusqu'à ce que son amant, George Conneau avoua le meurtre par écrit. Madame Beroldy prétendit que son amant l'avait contraint à ce stratagème et fut disculpée. Quant à l'amant, il ne fut jamais attrapé.

 

 

LES SUSPECTS :

Mme-Renauld.jpg Mme Eloise Renauld, retrouvée ligotée la nuit du meurtre de son mari. Depuis une quinzaine de jours, c'est elle qui hérite des biens de son mari. Son histoire de Sud-américains n'est pas trop crédible. D'ailleurs comment les deux agresseurs ont-ils pu prendre le bruyant escalier sans reveiller personne ? L'affaire ressemble trop à l'affaire Beroldy. Pourtant, lorsqu'elle identifie le corps de son mari, son émotion sincère ne peut etre mise en doute.
Jack.jpg Jack Renauld : fils de M. et Mme Renauld, il devait être en route pour Santiago la nuit où son père a été tué. C'est son père qui l'a envoyé là-bas.  Pourtant, si personne n'est au courant, le personnel de la gare l'a vu revenir en train la nuit du meurtre.  Jack s'est faché avec son père mais ne cherche pas à nier cette dispute. Il ne sait pas que son père l'a déshérité. Il est par ailleurs amoureux d'une voisine, la fille de Mme Daubreuil.  
Leonie.jpg Le personnel des Renauld : Françoise, Denise et Léonie. Leurs avis sont  contradictoires sur la visite qu'a eu M. Renauld la veille du meurtre. Françoise est persuadée que c'est Mme Daubreuil qui pourrait être la maitresse de M. Renauld, leurs rencontres étant fréquentes. Mais Léonie est quant à elle persuadée qu'il s'agit d'une jeune Anglaise. 
Stonor.jpg Gabriel Stonor : secrétaire de M. Renauld, il hérite d'une toute petite somme. Selon lui, il est tout simplement impossible que M. Renauld ait une maitresse. Tenant les comptes, il est persuadé que Mme Daubreuil faisait chanté M. Renauld. Par ailleurs, pour lui, Bella et Duveen sont le prénom et le nom d'une seule et même personne, mais il ne sait pas où il a entendu ce nom.  
Mme-Daubreuil.jpg Mme Daubreuil : habitant la villa voisine, elle rendait régulièrement visite à M. Renauld et percevait de lui des sommes d'argent.  Est-elle la maitresse ou un maitre-chanteur ?  Son visage est familier à Hercule Poirot.
Marthe.jpg Marthe Daubreuil : fille de Mme Daubreuil, elle entretient une relation amoureuse avec Jack Renauld. Elle s'inquiète particulièrement de l'enquête mais semble rassurée lorsque les soupçons se portes sur des Sud-américains. Ne s'inquieterait-elle pas de ce que Jack soit désigné coupable ?
Cendrillon.jpg "Cendrillon" : rencontrée par hasard par Hastings qui en tombe très amoureux, cette jeune femme espiègle est comme sa soeur une artiste. Elle se fait visiter les lieux du crime. Suite à un malaise, Hastings part lui chercher de l'eau. Mais après son départ, l'arme du crime a disparu ! Et la demoiselle semble avoir laissé une fausse adresse.    
Mystere.jpg Bella Duveen : Mais qui est cette Bella qui a écrit cette lettre retrouvée dans la poche du par-dessus de M. Renauld ? Cette même bella dont le chèque a été déchiré dans le bureau de M. Renauld ... 

 

PREMIERS ELEMENTS DE REPONSES ET NOUVELLES INTERROGATIONS 

 

Pour Hercule Poirot, il ne fait aucun doute que l'histoire de Mme Renauld est inventée de toute pièce. L'histoire ressemble trop à l'affaire Beroldy. Surtout, les supposés cambrioleurs auraient éveillé les occupants de la maison en montant les escaliers bruyants. D'ailleurs, l'absence d'empreintes du jardinier dans le massif de géranium laisse à penser que le complice est passé par la fenêtre non par la porte et qu'il a effacé ses traces et par la même occasion celles du jardinier. Son complice ne pouvait être que George Conneau, jamais retrouvé. Mais pourquoi vouloir enterrer son mari ? Et pourquoi l'enterrer à un endroit où tout le monde aurait fini par retrouver le corps ? Et surtout, pourquoi Mme Renauld a-t'elle défailli en reconnaissant le corps de son mari ?

 

Par ailleurs, Poirot a reconnu Mme Daubreuil qui n'est autre que Madame Beroldy. Faisait-elle chanter M. Renauld ? A moins que ce ne soit l'amante Bella Duveen dont on a retrouvé un chèque déchiré ? Daubreuil et Duveen sont-ils une seule et même personne ? Ce chantage expliquerait le changement de comportement de M. Renauld depuis un mois

 

Si le pardessus était trop grand, c'est que M. Renauld avait pris le pardessus de son fils. La lettre de Bella Duveen n'est donc pas forcément destinée à M. Renauld mais peut-être bien à son fils. Gabriel Stonor ne dit-il pas qu'il serait très etonnant que M. Renauld ait une maitresse ?

 

LA SOLUTION A L'ENIGME (SPOILER : mettre en surbrillance pour afficher)

M. Renauld et M. Conneau ne font qu'un. Mme Dubreuil a reconnu son ancien complice toujours en fuite et le fait chanter. Pour M. Renauld, ce chantage, renforcé par le fait que son fils sorte avec la fille de Mme Daubreuil lui est insupportable. Aussi il déshérite Jack pour éviter que sa fortune ne passe aux Daubreuil et organise avec sa femme sa propre mort pour se sortir de ce chantage. Il éloigne le chauffeur et demande à son fils de partir à Santiago, histoire qu'il ne soit pas accusé du meurtre. Mais M. Renauld ne devait pas mourir, c'est le corps du vagabond, avec les habits de M. Renauld, qui devait être utilisé pour faire croire à sa mort. Le tuyau de plomb devait servir à défigurer le visage du vagabond, et la fosse devait permettre à ce que le corps se décompose avant d'être retrouvé. La montre décalée de deux heures permettait à M. Renauld de se donner un alibi : le vagabond qui avait pris le train ne pouvant être le meurtrier si le crime avait été commis après le départ du train.  On comprend alors la stupeur de sa femme lorsqu'elle s'aperçoit que la victime est bel et bien son mari. Mais alors, qui a tué M. Renauld ?

 

Bella Duveen est une ancienne conquète de Jack. Elle l'aime follement, comme en témoigne sa lettre qu'on a retrouvé dans la veste de Jack, portée par M. Renauld. Elle possédait le même coupe-papier que Mme Renauld, les deux coupe-papiers ayant été offert par Jack. Elle s'est rendue à la villa et s'est entretenue avec M Renauld. Celui-ci a d'autres choses en tête puisqu'il avait organisé sa mort. Il lui propose un chèque pour clore l'affaire sans délai mais Bella refuse et déchire le chèque. Elle est restée sur les lieux toute la nuit en attendant Jack. Et elle a cru le voir lorsque M. Renauld est sorti avec le pardessus de Jack ... Comble du comble, Bella ressemble à s'y méprendre à "Cendrillon", celle qui a volé le coupe-papier qui a tué M. Renauld.

 

C'est pourtant Jack qui est accusé du meurtre de son père. En effet, même si Marthe n'était pas au courant, il n'était pas parti à Santiago et était bien sur les lieux du crime. En coupant par le golf, il a vu le corps de son père poignardé, et il a vu Bella qui à sa vue a poussé un cri ! Lors du jugement, il ne cherche pas à se défendre protégeant ainsi Bella pour qui ses sentiments ne sont pas éteints.. Bella se rend alors à la justice pour disculper Jack.

 

Ce n'est pas Bella Duveen, mais sa soeur jumelle, "Cendrillon" alias Dulcie Duveen, qui a volé le poignard. Croyant elle aussi Bella coupable, elle avait volé le coupe-papier. Et lorsqu'Hastings, amoureux de Cendrillon, vient à son secours, elle n'ose pas avouer qu'il s'agit en fait de sa soeur, de peur qu'Hastings ne lui vienne plus en aide.  Mais ce n'est pas Bella non plus la meurtrière ! En voyant Jack sur le lieu du crime, Bella a cru elle aussi que Jack était le coupable, et elle aussi a endossé la responsabilité du meurtre pour sauver l'être aimé q'uelle croyait coupable.

 

Après cette succession de malentendus, qui est le véritable meurtrier ? Il s'agissait de Marthe Daubreuil, la troisème personne à avoir reçu de Jack le coupe-papier en cadeau. Elle avait probablement eu vent du projet de M. et Mme Renauld pour se sortir du chantage qui faisait vivre Marthe et sa mère. En digne fille d'une meurtrière, elle avait décidé de tuer M. Renauld et d'epouser Jack pour hériter de toute la fortune. Un indice aurait du nous mettre sur la voie : Marthe ne pouvait s'inquiéter de ce que Jack soit coupable car elle le croyait à Santiago, Jack nous ayant confirmé ne pas l'avoir dit à Marthe.

 

C'est ainsi que se termine une histoire rocambolesque, où beaucoup ont cherché à protéger la personne qu'ils pensaient coupable. La romance heureuse entre Hastings et Mlle Duveen est touchante. Il me reste tout de même de ma lecture le sentiment que l'explication des trois coupe-papier est confuse.

 

 

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