
Transformers 2 reprend les mêmes
ingrédients que le premier épisode. L’effet de surprise n’étant plus là, le réalisateur mise sur la surenchère de robots, dont quelques uns sont impressionnants. La recette semble fonctionner à
merveille, il suffisait de tourner la tête pour voir les gamins ébahis par cette débauche d’effets spéciaux (il faut dire que les transformations sont particulièrement bien rendues). Les
adolescents boutonneux sont également aux anges, la langue pendante devant les apparitions de Megan Fox ou Isabel Lucas. Chose rare, le film s’est conclu par une salve d’applaudissements,
témoignage de l’effet produit sur le public (à moins que ce ne soit ironique ?).
Les effets spéciaux sont cependant un trompe-l’œil visant à faire oublier un scénario inexistant, dans la pure tradition des mauvais blockbusters américains.
Comme toujours, pas un dollar n’a été investi dans le scénario, ce qui est incroyable vues les sommes engagées. Mais avec un peu d’humour potache et une énorme dose de scènes d’action, il y a de
quoi oublier quelques instants ses neurones, si bien qu’on comprend le succès que le film obtient auprès du public, à défaut de s’en satisfaire.
Plus grave est la façon dont les personnages sont caricaturés. Passons Shia Lebœuf, qui ne m’a jamais convaincu dans ses films, mais qui n’est pas aussi ridicule que dans Indiana Jones. Les
personnages secondaires, eux, sont massacrés. Les robots, trop nombreux, ont un humour qui ne fait rire qu’eux (effet JarJar Binks en perspective) et manquent cruellement de personnalité.
Les militaires américains sont stéréotypés au possible, droits comme des piquets, sûrs d’eux-mêmes. Ils y vont gaiement, sans peur, avec leur petit fusil d’assaut contre d’immenses robots
tout en s’opposant au « très méchant » politicien qui ne comprend jamais rien. Enfin, et surtout, la vision des femmes est honteusement misogyne et réductrice.
On reconnait la patte de Michael Bay, au regard plutôt machiste, qui ne représente ses personnages féminins que pour assouvir ses fantasmes. Megan fox en particulier, dont le rôle est plus
limité encore que dans le 1er épisode, n’est là que pour sa plastique, ce que nous fait comprendre le réalisateur dès sa première apparition, en reluquant sans vergogne la demoiselle de la tête
aux pieds. Navrant.
L’indulgence restera de mise parce que les robots rutilants nous en mettent plus la vue et que le film, ne se prend guère au sérieux. Le film réussit à divertir sans ennuyer, malgré des tares
monstrueuses.